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10 mai, 2010

DUMARSAIS – César Chesneau du Marsais

– Né à Marseille en 1676.
– Disparition prématurée de son père et dilapidation par sa mère de la fortune familiale.
Il se trouve dans la nécessité de vendre la bibliothèque dont il hérite. A sept ans, il cache tous les livres qu’il peut sauver.
– Rejoint pur un temps les oratoriens qu’il abandonne pur étudier le droit et devenir avocat en 1704.
Il abandonne également cette profession pour devenir précepteur dans de grandes familles :
– celle du président Des maisons,
– celle du financier John Law,
– ou celle du marquis de Bauffremont.
A cette époque, il publie ses premiers écrits qui ne lui rapportent rien.
Il ouvre un pensionnat au Faubourg Saint-Victor, mais doit faire face à des difficultés financières.
C’est un homme modéré, calme, son esprit n’est jamais torturé même par les plus grands accidents qui surviennent dans sa vie.
Il meurt dans la misère à Paris, le 11 juin 1756.
Son œuvre :
– Il est connu pour ses contributions à l’Encyclopédie pour laquelle il écrivit 149 articles dont l’article « Philosophe ».
– Il a été célébré comme étant « le grammairien philosophe par excellence ».
– 1730 – Des tigres dont il est l’auteur est un ouvrage obligatoire dans les collèges avant d’être interdit en 1840 par Victor Cousin.
– « Le Prospectus de l’Encyclopédie » le présentait en ces termes : « La grammaire est de Monsieur Dumarsais, qu’il suffit de nommer ».
Il décède avant de parvenir à l’article GRAMMAIRE, le dernier article portant sa signature étant FUTUR, il sera achevé par Bauzée et Douchet.
– Ecrit une nouvelle méthode d’apprentissage du latin en 1722 – Méthode raisonnée pour apprendre la langue latine.
– Sa théorie philosophique du langage s’inspire de Locke.
– 1797 : son œuvre est publiée en 7 volumes.

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MON REVE FAMILIER – VERLAINE – Fin et Conclusion

Ce lyrisme expression de la souffrance du poète incompris apparaît en particulier dans l’anaphore de « Pour elle seule » aux vers 6 – 7 – 8, mais également à travers l’emploi des champs lexicaux de la douleur, du malaise et de la maladie vers 6 « être un problème » ; vers 7 « les moiteurs de mon front blême » ; vers 8 « en pleurant ».
De même le rythme donné par le retour des nasales en [6 ant] suggère l’intensité de cette douleur de Verlaine :
Vers 1 : Souvent, étrange, pénétrant
Vers 5 : comprend, transparent
Vers 8 : en pleurant
Le rythme est soutenu par la cadence ternaire ce qui renforce l’évocation de la souffrance. Ce rythme pourrait simuler le gémissement du poète.
Vers 1 : « Je fais souvent/ ce rêve étrange/ et pénétrant// ».
Vers 2 « D’une femme inconnue/et que j’aime,/ et qui m’aime// ».
On note l’anaphore de « et » et le retour de la virgule qui soulignent le rythme ternaire.
Vers 4 « Ni tout à fait une autre,/ et m’aime/ et me comprend ».
La douleur du poète se fait lancinante.
La forme soutient le fond, le chant devient plainte.
Cette souffrance annoncée dans les deux quatrains trouve son explication dans les deux tercets :
– les phrases interrogatives traduisent la confusion du poète qui ne peut identifier clairement cette femme aimée qui se tient à distance.
– Le rythme devient saccadé, les coupures sont nombreuses Vers 13 et exprime comme les sanglots du poète désespéré de ne pouvoir vivre cet amour absolu. Il est déçu dans sa quête de l’amour absolu propre à la jeunesse mais qui le poursuivra et le fera souffrir tout au long de son existence et de son oeuvre puisque derrière cette quête se cache également la quête plus personnelle d’un Verlaine à la recherche de son identité et d’une forme de reconnaissance en tant que poète.
Conclusion :
Ce sonnet régulier célébrant l’idéal de la femme selon Verlaine et empreint des marques de la poésie baudelairienne annonce déjà la poésie symboliste.
La qualité de la technique, la précision des procédés d’écriture sont eux les signes d’un lyrisme original puisque Verlaine tout en célébrant un féminin réconfortant revendique l’intensité de la souffrance du poète maudit auquel il s’identifie aux côtés de Baudelaire, de Mallarmé et de Julien Laforgue.
Mais avant tout ce poème de jeunesse est déjà une mélodie et répond à l’idéal de l poésie selon Verlaine qui dira dans son « Art poètique » qu’il souhaite écrire une poésie qui sera : « de la musique avant toute chose »

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les lumières, biographie – Les philosophes

LES IDEES REVOLUTIONNAIRES

– Les philosophes aiment la raison et la science pour sa logique.
– La science va apporter le bonheur et la paix universelle.
– Pour les philosophes, chaque individu raisonnable est apte à exercer sa liberté de penser et d’agir.
– Critique de toutes autorités :
celle de Dieu et de l’église : leurs critiques vont saper petit à petit ; les fondements de la monarchie et de l’église.
celle des « despotes » :
Montesquieu dénonce la monarchie absolue.
Voltaire se moque des « tyrans ».
J.J. Rousseau : prône la démocratie républicaine.

CRITIQUE DE LA SOCIETE
– dénonciation des inégalités et des privilèges non mérités,
– dénonciation des abus et des incapacités,
–revendication de la liberté.

LES VALEURS :
Pour Montesquieu
La Liberté ne consiste nullement à faire tout ce que l’on veut mais à faire ce que les lois permettent dans un Etat :
« La Liberté ne peut consister qu’à pouvoir faire ce que l’on doit vouloir et à n’être point contraint à faire ce que l’on ne doit pas vouloir. »

Montesquieu distingue 3 types de gouvernements et les principes auxquels ces systèmes se rapportent :
1) Le despotisme est le pouvoir d’un seul homme ses règles c’est à dire que la seule loi ici est le bon plaisir du prince. Le principe en est la crainte. Le despotisme est le mal politique absolu.
2) La monarchie est aussi le pouvoir d’un seul homme mais ici le prince se réfère à des lois. Le principe est l’honneur.
3) La République a pour principe La vertu jointe à la modération. Mais il faut ici distinguer deux cas selon que c’est le peuple tout entier qui a la souveraine puissance (démocratie) ou seulement une partie de ce peuple (aristocratie).
La thèse la plus connue de Montesquieu reste la séparation des pouvoirs. Pour éviter le despotisme, pour que la Liberté soit préservée, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. Les 3 pouvoirs (législatif – exécutif – judiciaire) doivent être séparés, c’est à dire exercés par des individus, des groupes différents.
– Partisan de la tolérance, condamnant l’esclavage et la torture, il est un représentant important de la philosophie des Lumières.

MONTESQUIEU (1689 – 1755)
– Né le 18 janvier 1689, au château de La Brède près de Bordeaux.
– Penseur politique, il ouvre l’horizon de la philosophie des Lumières.
– Son œuvre inspirera la Constitution Française de 1791 ainsi que La constitution Americaine.
Son œuvre : « La Liberté est le droit de faire ce que les lois permettent »
• 1721 – Les Lettres Persanes -
2 voyageurs persans critiquent la Société Française.
• 1734 – Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence.
• 1748 – De l’Esprit des Lois -
L’œuvre majeure de Montesquieu, paraît à Genève.

VOLTAIRE (1694 – 1778)
– Origine bourgeoise.
– Esprit caustique.
– Souvent menacé de prison.
– Côtoie les « grands » de son époque.
– Ecrivain engagé.
– Reconnu en fin de vie.
Son œuvre :
• Plusieurs pièces de théâtre.
• Des contes philosophiques : Zadig, Candide, Micromégas et l’Ingénu.
Des essais
– « Je défendrai mes opinions jusqu’à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. »
–  » Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion. »
– »Plus les hommes seront éclairés, plus il seront libres. »
– »Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer. » 

VOLTAIRE :
Fils d’un notaire parisien ; fait de brillantes études chez les Jésuites ; se fait remarquer par son esprit dans la société du Temple où son parrain l’abbé de Châteauneuf l’a introduit.
Il est jeté à La Bastille en 1717 – 18, pour avoir écrit des vers irrévérencieux contre le Régent, il y commence Oedipe (1718) et Le poème de la Ligue (1723) qui deviendra La Henriade (1728)
A la suite d’une altercation avec le Chevalier de La Barre, il est à nouveau emprisonné et se voit contraint à l’exil en Angleterre. Ce séjour (1726 – 28) oriente définitivement sa philosophie et son œuvre vers une philosophie réformatrice. Il célèbre « la liberté » dans la tragédie Brutus (1730) ; il critique la guerre dans Histoire de Charles XII (1731) ; les dogmes chrétiens dans Epîtres à Uranie (1733) ; les fausses gloires dans Le Temple du goût (1733) et le régime politique français dans Les Lettres philosophiques (1734).

Les valeurs – Pour Voltaire
Il devient ensuite l’hôte de la marquise du Châtelet à Cirey après avoir échappé aux poursuites. Il parvient en 1746, grâce à quelques poésies officielles, à l’Académie et devient historiographe du roi.
Invité par Frédéric II, il publie le conte Zadig (1747) puis s’établit à Postdam (1750-53) où il compose Le Siècle de Louis XIV (1752 et le conte Micromégas (1752)
A la suite d’une brouille avec Maupertuis, président de l’Académie de Berlin, il quitte la Prusse et s’établit près de Genève (1755). Mais il choque les catholiques.
La pucelle (1755), les protestants Essai sur les mœurs (1756) et s’aliène Rousseau Poème sur le désastre de Lisbonne (1756) – Voltaire riposte avec Candide (1759) et se réfugie à Ferney où il reçoit l’élite européenne dont il est devenu la conscience.
Il y joue ses tragédies et poursuit ses contes philosophiques dirigés contre les parvenus – Jeannot et Colin (1764) ; les abus politiques L’Ingénu (1767), la corruption et l’inégalité des richesses L’homme aux quarante écus (1768) ; les mœurs La princesse de Babylone ’1768).
Il dénonce également le fanatisme clérical et les insuffisances de la justice. Il obtient la réhabilitation de Sirven, de Calas et prêche pour le triomphe de la raison : Traité de la tolérance (1763).
Il est rappelé à Paris en 1778, il est accueilli triomphalement à l’Académie et à la Comédie Française.


DENIS DIDEROT (1713 – 1784)

« Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. »
– d’origine bourgeoise.
– Il dirige l’Encyclopédie entre 1746 – 1765.
Son œuvre :
• 1760 – La Religieuse
•1762 – Le Neveu de Rameau
• 1771 – Jacques Le Fataliste

Ses idées philosophiques :
– Esprit universel, Diderot croit en la « Science de toutes les Sciences. » , la philosophie qui, en synthétisant toutes les connaissances peut mener au progrès de l’humanité.
– Soucieux d’instaurer une philosophie positive il poursuit des études scientifiques, s’intéresse aux travaux des savants et surtout à la méthode expérimentale.
– Avec l’entreprise de l’Encyclopédie, il a la double ambition d’ouvrir le savoir au plus grand nombre et de combattre l’intolérance et les préjugés afin de faire triompher la raison.
– Face à la Religion, Diderot adopte peu à peu la position du matérialiste athée. Le monde se crée lui-même en un devenir incessant. L’homme n’est qu’un moment dans le devenir d’un univers matériel. La crainte de Dieu est un obstacle à l’épanouissement de l’homme.
– Il remplace la métaphysique par une morale positive fondée sur sa confiance en l’homme qui éprouve du plaisir à faire le bien et a l’horreur du mal. Il croit à l’inverse de Rousseau que l’homme peut trouver le bonheur individuellement et collectivement dans la Société.
N’étant lui-même finalement sûr de rien, constamment en proie à ses propres contradictions, balançant entre les « Lumières de la raison » et les « transports de la sensibilité » il place la dignité de l’homme dans la recherche plutôt que dans la découverte de la vérité.
Ses idées politiques :
Diderot semble être un partisan du despotisme éclairé, c’est à dire d’une monarchie où les élites intellectuelles contribuent à la postérité de l’Etat. Il pense en avoir trouvé le modèle avec Catherine II de Russie. Mes ses analyses politiques laissent entrevoir les prochains bouleversements révolutionnaires.
A travers l’Encyclopédie, il condamne l’absolutisme la monarchie de droit divin, dénonce les privilèges les atteintes à la liberté du travail et la guerre.

J. JACQUES ROUSSEAU (1717 – 1778)
– Orphelin.
– Se fait d’abord connaître par ses connaissances musicales.
– Participe à l’Encyclopédie.
– Oppose la civilisation à la nature.
– Idées socialisantes.
–Certains ouvrages sont condamnés.
– A l’origine du mouvement romantique.

Son œuvre :
• 1755 – Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.
• 1761 – La nouvelle Héloἵse.
•1762 – Du Contrat Social.
• 1776 – Les rêveries d’un promeneur solitaire.
J. Jacques Rousseau a développé entre autres thèmes, celui du retour à la nature : l’homme à sa naissance est « naturellement bon » c’est à dire pour exempt de tout péché, de toute souillure, vierge de toute idée du mal. Au contact des civilisation et des villes, de la Société, il perd sa pureté originelle :
« l’homme naît bon, la Société le corrompt »

Citations :
– « L’ordre social ne vient pas de la nature. Il est fondé sur des conventions. »
– « La nature a fait l’homme heureux et bon, mais… la société le déprave et le rend misérable. »
– « les fruits sont à tous, et la terre n’est à personne. »

LA BATAILLE DE L’ENCYCLOPEDIE
Le premier volume est tiré à 2 exemplaires et fut adressé aux Souscripteurs le 28 juin 1751. Dans l’article « Autorité politique » Diderot attaque Bossuet et la théorie de la royauté de droit divin. Très vite l’entreprise obtient le soutien de Malesherbes, de Montesquieu, de Voltaire et de Mme de Pompadour.
L’Encyclopédie connut un Succès Européen : La Suisse, l’Italie, l’Angleterre, la Russie l’acquirent.

En 1752, parut le tome II qui fit scandale – La publication fut même suspendue. Diderot entreprit de se cacher. Voltaire proposa de continuer l’entreprise à Berlin mais Diderot refusa. En 1753 parut le III Tome, il fit l’objet de la condamnation du Conseil du Roi. Les tomes IV, V et VI parurent néanmoins en 1754 – 55 – 56.
En 1757 : 4200 Souscriptions.
Une bataille se déclencha alors à partir de l’article « Genève » rédigé par D’Alembert qui suscita une réponse violente de Rousseau
L’Encyclopédie fut l’objet de railleries : Moreau surnomma les encyclopédistes « Ca-couacs » ; Palissot rédigea une Petite lettre sur de grands philosophes, Voltaire la qualifia de « fatras« .
En 1759, l’Encyclopédie fut interdite de publication. Le privilège de 1748 fut annulé ordre fut donné de rembourser les Souscripteurs. pour les dédommager Le Breton édita 2 volumes de planches séparées qui bénéficièrent d’un privilège spécial et furent envoyées aux Souscripteurs D’Alembert, Marmontel et Duclos se retirèrent – Diderot poursuivit seul durant sept années. En 1766 parurent les 10 derniers volumes.
Un dernier volume parut en 1772.Mais les volumes à partir du tome VIII firent l’objet d’une censure de l’éditeur Le Breton à l’insu de Diderot qui laissa néanmoins paraître les volumes.
Dirigée par D’Alembert et Diderot l’Encyclopédie rassemble en 28 volumes toutes les connaissances de l’époque dans tous les domaines. Elle expose les idées des philosophes et donne une grande place à la mécanique et aux connaissances scientifiques.

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BAUDELAIRE ET LA MODERNITE

Au milieu du XIX Baudelaire surgit sur la « Scène littéraire » : deux mouvements littéraires influencent alors l’expression poétique – le romantisme et le parnasse -
Baudelaire côtoie les deux mouvements, il rencontre Victor Hugo, il l’admire ; il devient également ami avec Théophile Gautier, Théodore de Banville et Le conte de Lislle qui font partie du Parnasse.
Baudelaire se détachera des deux mouvements, pour trouver son indépendance des deux mouvements, pour trouver son indépendance mais son tempérament est proche des romantiques. Il dédiera la section des « Tableaux parisiens » à V. Hugo.
LE ROMANTISME :
Refus de la distanciation classique dans des figures impersonnelles, des modèles classiques au contraire, les romantiques revendiquent l’expression du moi.
Le « Moi », est sujet (le « je » lyrique) et objet (celui dont on parle) du poème.
Lamartine : « Je n’imitais plus personne, je m’exprimais moi-même, pour moi-même. Ce n’était pas un art, c’était le soulagement de mon propre cœur qui se berçait de ses propres sanglots. »
Le romantisme exalte aussi l’expression des sentiments, des sensations, des émotions et de l’intimité.
Elle se veut libre et anticonformiste dans le choix de ses projets et de ses formes poétiques.
Hugo : – »Tout est sujet, tout a droit de cité en poésie… Le Poète est libre. »
Le romantisme porte en lui un rêve de totalité.
La poésie peut et doit tout dire.
Pour les romantiques, le mot est tout puissant : Il n ‘est pas seulement là pour reproduire le réel mais il est créateur d’un autre espace :
V. Hugo : « Le mot est un être vivant, plus puissant que celui qui l’emploie. »
Baudelaire reste conscient des excès des faiblesses des romantiques.
De même s’il se sent proche des parnassiens de leur idéal de perfection : travail, maîtrise et rigueur de l’expression, leur intransigeance esthétique ne le satisfait pas.
Ainsi le poète se détachera de l’influence des deux courants pour trouver une 3eme voie, la sienne.
LES PARNASSIENS ET THEOPHILE GAUTIER :
Théophile Gautier pub lie en 1857, « L’Art », poème manifeste (c’est à dire qui propose l’idéal esthétique et les moyens de s’en rapprocher aux poètes qui se réclament du mouvement)
Dans ce poème, Théophile Gautier affirme se rupture avec le romantisme et une « option nouvelle » qui serait celle du Parnasse : l’art pour l’art.
Leur recherche serait alors celle :
– de la virtuosité plastique; de la pure gratuité et de l’impersonnalité. La forme prime sur l’idée ; sur le message quel qu’il soit.

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Questionner un texte poétique

1) Quel est le genre utilisé ?
Poésie épique : raconte les exploits guerriers d’un héros, exalte les valeurs d’un peuples ;
Poésie lyrique : elle est l’expression des sentiments personnels ;
Poésie dramatique : toute pièce de théâtre en vers.

2) Quelle est la forme poétique choisie ?(forme fixe ; vers libres ; poèmes en prose ?)

3) Quels types de vers, de rimes, de strophes sont utilisés ? Pour quel sens ?

4) Quel rôle joue chaque strophe dans la composition du poème ?

5) Quel est le rythme utilisé :haché (nombreuses coupes, phrases courtes ; amples alexandrins, phrases longues, fluides…
Y a-t-il des coupures de rythmes ? Pourquoi ?

6) Quels sont les mots mis en valeur , Pourquoi ? Où ?
– début de vers : anaphore, mise en relief.
– à la césure (à l’intérieur du vers par une coupe).
– à la rime
– par les rejets, les contre- rejets ?

7) Quels jeux sur les sonorités sont présents , Quels en sont les effets ?(allitération (consonnes) ; assonances (voyelles). Pour suggérer quel sens ?

8) Quel est le lien entre le titre et le poème ? Entre le titre du recueil et le poème ?

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FONCTION DE LA POESIE

La Poésie comme tout autre genre a des fonctions bien précises :

– émerveiller en jouant sur les sonorités et les rythmes. En utilisant des métaphores, des comparaisons et des hyperboles. Le choix du thèmes est ici important.
(ex : Le thème du voyage dans Parfum exotique - les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire)

– polémiquer en mettant un accent sur les valeurs qui motivent son œuvres, sur le vécu du poète
(ex : L’appel à la résistance sous l’occupation dans La Rose et le Réséda - La Diane Française de Louis Aragon, Citation : « Celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas »)

– émouvoir en faisant partager des émotions communes à travers un certain champ lexical.
(ex : Pitié, compassion dans L’Albatros – Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire)

– exalter l’auteur en .étant inspiré par son angoisse, sa foi ou sa révolte, c’est une recherche du spirituel, une élévation
(ex : L’angoisse du temps qui passe dans L’horloge - Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire)

Le poète peut être messager du divin, un médiateur du sacré et voyant privilégié car il déchiffre les symboles qu’envoie la Nature et métamorphose le réel.
(ex : Correspondance – Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire)

Le poète engagé lui est une sorte de mage ou de guide dans les temps difficiles, il conduit les Hommes vers la lumière, les aide à supporter leurs souffrances.

Il y a aussi le poète interprète de la vie et des sentiments des hommes, il met son talent au service des hommes, il devient le langage de toutes les émotions.

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LES FLEURS DU MAL Charles Baudelaire

– Le 25 juin 1857, première publication du recueil par l’éditeur Poulet Malassis.
Le recueil comprend 100 poèmes divisés en 5 sections :
Spleen et Idéal
Fleurs du mal
Révolte
Le vin
La Mort

– EDITION DE 1861, deuxième édition.
Le recueil comprend 126 poèmes divisés en 6 sections :
Spleen et Idéal
Tableaux parisiens
Le vin
Fleurs du mal
Révolte
La mort

Le travail sur la forme jusqu’à la perfection a été qualifié de formalisme.
en fait, on reconnaît un reproche aux excès du romantisme : excès de l’importance du « moi » ;
l’impersonnalité des parnassiens.
• à la contingence et liberté du Sujet qui veut que tout soit poésie
les parnassiens propose le culte de la beauté.
• aux « facilités » d’expression, à la « liberté » d’expression, les parnassiens opposent le travail, la ciselure du texte.
• à l’engagement politique et social des romantiques, les parnassiens oppose la distance de l’art.
Pour eux, l’émotion doit se soumettre aux lois de la forme, aux exigences du Beau.

Baudelaire invente la modernité :
Cette modernité, il la découvre à travers les œuvres d’artistes peintres et musiciens : Delacroix, Daumier, Manet, Cézanne, Wagner.
il est un des premiers à en percevoir la nouveauté et le génie.
Dans « Le Peintre de la vie moderne » Baudelaire formule ainsi son ambition :
« dégager de la mode ce qu’elle peut contenir de poétique dans l’historique [...] tirer l’éternel du transitoire. »
L’obsession de la composition qui obsède Baudelaire.

Dans une lettre à Vigny :
« Le seul éloge que je sollicite pour ce livre est qu’on reconnaisse qu’il n’est pas un pur album et qu’il a un commencement et une fin. »
Le recueil n’adopte donc pas comme ceux de Hugo et Musset, un principe chronologique mais élabore une architecture faites d’échos, de progressions et de ruptures savamment orchestrés.
L’épreuve de la censure est une épreuve pour Baudelaire parce qu’elle détruit la construction « parfaite » que Baudelaire avait pensée pour ses 100 poèmes.
Baudelaire croit en l’imagination comme faculté raisonnée de création, il y voit la plus scientifique des facultés. C’est elle qui permet de recomposer les symboles en accord avec la théorie des correspondances. La poésie a alors pour vocation de révéler les correspondances.
Baudelaire devient ainsi le précurseur du Symbolisme.
Baudelaire pour se démarquer du romantisme et du parnasse et pour trouver une 3eme voie va utiliser pour la dépasser une mode, celle du Satanisme et du Caïnisme en cela que ces mouvements expriment sa révolte contre la morale de la bourgeoisie bien pensante.
Ainsi, il construit tout au long de son recueil un autoportrait du poète visiteur des Enfers. Il fait le choix conscient de la voix de la douleur, d’une poésie du Mal. Donc l’unité thématique de sa poésie et le Mal et l’axe dynamique en est la descente aux Enfers.
– Dans Au lecteur, Baudelaire se désigne comme victime de Satan et de l’Ennui (ou Spleen, sorte de dépression qui empêche toute création).
– Le recueil est dominé par le Spleen comme l’indique la primauté du mot dans le titre de la 1ere section « Spleen et idéal ».
Victime du Spleen, l’auteur s’empare de ce qui le ronge pour en faire une force qui bien qu’autodestructrice lui servira de tremplin pour explorer les espaces inconnus.
Dans le « Spleen Paris », le poème intitulé « Le Thyrse » (bâton de Bacchus, entouré de feuilles de lierre ou de vignes et surmonté d’une pomme de pin) donne la définition de l’architecture des Fleurs du mal.
« Ligne droite et ligne arabesque, intention et expression, roideur de la volonté, sinuosité du verbe, unité du but, variété des moyens, amalgame tout-puissant et indivisible du génie… »
« Le Thyrse »
« Le Spleen de Paris » – Baudelaire

Par ailleurs, « Réversibilité » et « Hymne à la beauté », nous instruisent aussi de la composition du recueil en affirmant la coexistence entre Le Ciel et l’Enfer.

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CAUSERIE Charles BAUDELAIRE

– Extrait du recueil des Fleurs du mal de Baudelaire en 1857.
– Le titre : « Causerie« . Une impression de légèreté. Quel lien avec le recueil auquel il appartient ?
– La pièce, un sonnet, une forme traditionnelle. Comment à travers ce titre et cette forme, le poète va-t-il proposer une de ses plus belles « Fleurs du mal » sur le thème de la rencontre amoureuse ?
Comment se développe ce thème proposé dans les quatrains puis continué dans le tercets atteindre son apogée dans les vers constituant la chute de la pièce.
AXE I : – L’idéal de l’amour et son ambigüité dans les quatrains – Initiative tendre de la femme, repoussée par le poète à cause de sa souffrance passée.
Dès le 1er vers, le poète parle de l’espoir que représente « l’amour » qu’il ressent pour cette femme idéale à laquelle il s’adresse : « Vous êtes un beau ciel d’automne clair et rose ! »
Celle-ci est comparée à « un beau ciel… clair et rose » l’impression est celle de la beauté, de la légèreté, malgré l nuance liée à « l’automne » qui contraste avec cette légèreté printanière qui semble accompagner la présence de cette femme idéale. On note également l’exclamation qui souligne l’expression de la joie, de l’enthousiasme de Baudelaire.
On comprend au vers 2 que « l’automne’ au vers 1 renvoie à l’état du poète : si la femme apparaît comme un « beau ciel, clair et rose » c’est dans le cadre d’un « automne » qui pourrait reflété la mélancolie du poète au moment de la rencontre.
Le vers 2 est le point de départ de la peinture de la tristesse profonde du poète, on reconnait le spleen Baudelairien, cette mélancolie inexpliquée qui fait partie de lui et dont il devient victime régulièrement.
Le 1er quatrain décrit essentiellement cette tristesse de l’auteur et ce thème est lié au souvenir qui obscurcit la possibilité et l’espoir l’amour naissant proposé au vers 1.
Le quatrain présente le vécu sa première réaction de la rencontre. On note une majorité de pronoms personnels à la 1ere personne dans ce quatrain, il n’y a qu’une seule occurence du pronom personnel « vous » pour désigner la femme.
– La peinture de cette tristesse reprend le thème romantique de l’amour malheureux, des états d’âmes qui étaient par ailleurs annoncées par la saison « d’automne ».
– L’évocation se fait par le biais d’une comparaison vers 2 « comme la mer », cette dernière s’enchaînant sur une métaphore filée vers 2 – 3 et 4 : « la tristesse »... en « refluant », « son limon amer ».
Celle-ci pourrait être la représentation imagée des larmes du poète qui, en tombant sur ses lèvres, y laissent un goût salé.
Au vers 4 : « ma lèvre morose » l’hypallage : (ce n’est pas la lèvre mais le poète qui se sent morose).- renforce l’expression de la peine profonde de ce dernier – Le rythme des vers soutient l’évocation à la fois de la marée vers 2 et vers 4 et parallèlement de la montée des sanglots vers 1 et 3. :
ce rythme est irrégulier :
Vers 1 – « vous êtes… automne/ clair et rose »
[9] / [4]
Vers 2 – « Mais la tristesse en moi / monte… mer »
[6] / [6]
Vers 3 – « Et laisse/en…refluant / sur ma lève »
[2] / [4] / [6]
Vers 4 – « Le souvenir cuisant /de… amer »
[6] / [6]
Les ALLITERATIONS :
Au vers 2 : en [- m] : « mais », « moi », « monte », « mer »,
[- l] : « la tristesse », « la mer » et au vers 3 : en [- r], en [- v] soutiennent le sens du flux et du reflux contenu dans la métaphore tandis que les assonances en [- ant], et [- on] rappellent les pleurs.
Dans le second quatrain, l’évocation de la rencontre se poursuit, le poète continue de s’adresser à la femme directement :
• tiret au vers 5, comme le début d’une réplique et
• au 5, le possessif : « ta », qui précède le substantif « main » – La femme n’est plus présentée alors à travers sa présence, et l’impression que laissé cette présence au poète – Il s’agit pour l’auteur de montrer l’aspect physique de la rencontre et le geste sensuel, une caresse symbolise l’échange.
La construction suivie pour ce quatrain est identique à celle du 1er quatrain : un premiers vers pour représenter l’espoir de la rencontre amoureuse : vers 5 « Ta main se glisse » et « son sein qui se pâme », la sensualité, allitération en -[- s] et qui imite la caresse et assonance en [- m] et en [- ant] qui suggère le plaisir ressenti par le poète.
puis, la nuance de la locution adverbiale. Vers 5 « en vain » lui rappelle celle apportée par « automne » -
Ainsi de la même façon, on retrouve une joie liée à la mélancolie, un espoir qui ne peut aboutir dans la tonalité romantique.
L’échec de l’initiative amoureuse de la femme envers le poète trouve son explication dans les trois vers qui suivent – Encore une fois, c’est l’état intérieur du poète qui éclaire la raison de l’échec de cette seconde tentative de la femme pour se rapprocher de lui.
– Une seconde métaphore, plus crue que celle du 1er quatrain : il ne s’agit plus de mélancolie mais d’une blessure profonde imprimée dans la chair.
L’image du « Souvenir cuisant » du vers 4 prend forme. L’adjectif « cuisant » annonce la « brûlure » laissée par vers 7 « la griffe » et « la dent féroce » de la femme dans la chair du poète.
– A cause de cette blessure, l’homme est privé de la joie du plaisir, son corps et meurtri, vers 6 « un lien saccagé » et son cœur est détruit, vers 8 « les bêtes l’ont mangé ».
On relève l’antithèse au vers 6 « amie » et « un lien saccagé » – l’adjectif « saccagé » est mis en relief à la rime, de même l’initiative de la femme vers 5  » la main se glisse » trouve le refus du poète, et s’exprime par la négation : « Ne cherchez plus… » Le poète ne peut plus aimer.
On note donc une gradation entre le 1er et le 2eme quatrain : la femme devient fauve, elle a des « griffe », la dent « féroce », il s’agit d’une allusion aux amours tourmentés que vivait le poète avec J. Duval, la Vénus noire.
Au vers 6 : l’allitération en [- r] soutient le sens du carnage que l’on trouve dans « saccagé » et qui se conclut par « mangé » – Il ne reste plus rien du poète victime de la férocité de la femme.
Les deux tercets poursuivent l’ébauche proposée dans les quatrains – Ils sont comme la réponse à la femme. Après avoir repoussé ses initiatives le poète les accepte malgré sa souffrance. La femme l’inquiète mais l’attire à la fois.
Le lecteur trouve dans les tercets l’expression lyrique de l’idéal de l’amour ambigüe qui caractérise les amours baudelairiennes et en particulier sa relation avec J. Duval.

AXE II: – Ambiguïté de l’Idéal amoureux de Baudelaire dans les tercets :
Il souffre mais se donne en pâture et en ressent un certain plaisir -
Dans les deux tercets, le poète explore plus profondément sa souffrance, il prolonge la métaphore de son cœur :  » lieu saccagé par la griffe et la dent féroce de la femme » par une seconde métaphore qui lui permettra d’expliquer qui sont ces « bêtes » vers 8, et qui « ont mangé  » son cœur .
– Le passé composé renvoie au passé, un passé douloureux, celui du poète victime des femmes auxquelles il n’a pas su résister.
La seconde métaphore s’applique à l’état du cœur au moment de la rencontre; les verbes sont au présent pour signifier que le poète souffre toujours à cause des souvenirs liés à ses amours tumultueuses, Vers 9: « Mon cœur est un palais flétri par la cohue ». Les vers 8 et vers 9 constituent donc les vers charnières du sonnet, l’échec de la rencontre trouve son explication dans le passé du poète, le lecteur entre dans le second mouvement du poème.
Il va s’agir dans les tercets du « poète – narrateur », ce dernier se retrouve au premier plan de la relation et de l’initiative du dialogue de la « Causerie » – La situation s’inverse, après avoir évoqué la femme rencontrée, Baudelaire se prend pour sujet des tercets et s’il continue de « dire » sa souffrance, celle-ci d’obstacle à la relation devient le tremplin de cette dernière : la métaphore des vers 9 et 10, image la souffrance et le cœur du poète devient : « palais » mais flétri par la « cohue » désigne toutes les femmes à cause desquelles le poète souffre. Cette foule de femmes saccage le « cœur  » de Baudelaire comparé à un « palais » dans lequel ces femmes se livrerait à une orgie semblable à celles de l’antiquité.
Le vers 10 décrit les dérives de ces orgies : « on s’y soûle, on s’y tue, on s’y prend aux cheveux ! » Les actions sont énumérées, ce qui produit un effet d’accumulation. L’indéfini « on » renvoie à l’anonymat de la foule, l’individu s’y confond – Le rythme haché suggère la bestialité et les heurts qui caractérise cette ambiance de débauche. La métaphore est violente, elle renvoie à la violence de la souffrance des passions qui secoue encore le cœur du poète – narrateur. La reprise ternaire d’une même construction syntaxique : « On s’y soûle, on s’y tue, on s’y prends… » crée un effet d’insistance et imite la répétition des « coups » de cette souffrance que l’on retrouve dans les allitérations en [- s] et la dureté des sonorités : consonnes [- t] et [- pi] ; voyelles : [- où] [- ue] et [- en]
Le poète oppose à cette bestialité, la femme et la douceur sensuelle qui l’entoure : vers 11  » –Un parfum nage autour de votre gorge nu !… » le rythme redevient fluide, allitération en [- r], les e sourds [- f], [- g] [- ze] adoucissent et fluidifie le vers. Les termes renvoient à une sensualité plus humaine : « parfum », « votre gorge nue ». La subtilité et la beauté reprenne le dessus.
Cette femme effacée par les souvenirs dans les quatrains, finit par les faire oublier dans les tercets -// Cependant le poète est lucide, conscient du piège de la beauté mais cette dernière l’emporte sur la peur de souffrir, voir : « O Beauté, dur fléau des âmes, tu le veux ! », ce vers résonne comme un cri et une prière – un cri, « dur fléau des âmes », le poète sait que la beauté est un fléau, qu’elle va être la cause de sa perdition, il ne peut lui résister et il accepte ce fait.
On note le même tiret qui précède le vers 11 tout comme il précédait et annonçait le vers 5 : dans ces 2 vers, le lecteur retrouve l’idéal de la femme « tendre » auquel le narrateur est sensible, comme une fatalité à laquelle il se résout ; ce vers résonne comme… – une prière, « O Beauté [--] tu le veux » ; la femme devient la déesse à laquelle il va faire une offrande puisqu’elle le réclame – On n’est pas loin des vers de Racine et de la tragédie : « C’est Vénus toute entière à sa proie attachée » – Baudelaire connaît l’issu de cette rencontre (sa souffrance) mais il ne peut résister et il se sacrifie, vers 14 : « Calcine ces lambeaux qu’ont épargnés les bêtes ».
Le deuxième tercet consacre alors la défaite du poète – Ce dernier attiré par la douce sensualité de la femme, par sa beauté est submergé par l’ardeur d’une passion qui attise son désir.
La douceur subtile suggérée au vers 11, nuancée cependant par la sensualité de l’image renforcée par le « parfum » par des sonorité imitant les râles du plaisir anticipé : « gorge nue » est supplantée par l’attirance charnelle de l’homme pour la « femme-fauve » : – vers 13 « tes yeux de feu, « brillants » elle en a le regard ; vers 14 « les bêtes », le dernier mot du dernier vers est révélateur de cette animalité qui fascine l’auteur.
Ce dernier se sacrifie, il s’immole à sa déesse et y prend même plaisir : elle devient le feu dans lequel il se jette – vers 13 « Avec tes yeux de feu » et vers 14 : « calcine ces lambeaux » et cette immolation devient « fête », le terme renvoie parallèlement à la femme. En effet « la fête », c’est aussi la joie de celle-ci que Baudelaire admire dans les yeux de sa bien-aimée et cela malgré sa ressemblance avec celle du fauve qui s’apprête à dévorer sa proie.
–//La chute du sonnet surprend le lecteur non seulement par la brutalité du revirement de la décision du poète narrateur. mais également par la grandeur du sacrifice que cette décision représente : l’auteur cède à la femme mais il va jusqu’à lui offrir les derniers « lambeaux » de son cœur.
Les deux tercets prolongent donc bien l’expression de l’idéal d’un amour ambigüe dans la mesure où le 1er tercet décrit avec force la souffrance qui explique son refus d’un amour tendre et serein, tandis que dans le second, paradoxalement, mais avec la même force, le poète supplie la femme aimée de « calciner » les derniers « lambeaux » de son cœur.
Le registre de lyrique devient tragique et Baudelaire de héros romantique devient héros tragique.

Conclusion :S’il choisit la forme traditionnelle du sonnet dans cette pièce intitulée « Causerie », Baudelaire ne fait pas le chois de la tradition.
La « Causerie » devient prétexte, les quatrains certes pourraient relever de la « causerie », l’auteur s’adressant à la femme pour lui confier les raisons de son refus mais les vers 8 et 9, font glisser « Causerie » du registre lyrique au registre tragique, le poète révèle dans les tercets son asservissement aux amours chaotiques et douloureux.
L’apothéose de l’ensemble trouve son expression dans la chute du sonnet : le poète accepte l’idylle et confie à la femme le soin de « calciner », les « lambeaux » de son cœur.
La forme du sonnet se met donc au service de l’idéal de l’amour Baudelairien, un amour ambigüe qui oscille entre l’horreur et la fascination d’un amour passionnel et destructeur.
On y reconnaît sa relation avec Jeanne Duval, la Vénus Noire passionnelle et chaotique se trouve sublimée par l’écriture, au-delà de la souffrance, n’est-ce pas l’intensité de cet amour qui reste au lecteur, et l’ode à la Beauté qui se dégage d’une des plus belle « Fleurs du mal » que pourrait constituer ce sonnet.

Par santa13 le 10 mai, 2010 dans Non classé
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LA BATAILLE DE L’ENCYCLOPEDIE

Le premier volume est tiré à 2 exemplaires et fut adressé aux Souscripteurs le 28 juin 1751. Dans l’article « Autorité politique » Diderot attaque Bossuet et la théorie de la royauté de droit divin. Très vite l’entreprise obtient le soutien de Malesherbes, de Montesquieu, de Voltaire et de Mme de Pompadour.
L’Encyclopédie connut un Succès Européen : La Suisse, l’Italie, l’Angleterre, la Russie l’acquirent.
En 1752, parut le tome II qui fit scandale – La publication fut même suspendue. Diderot entreprit de se cacher. Voltaire proposa de continuer l’entreprise à Berlin mais Diderot refusa. En 1753 parut le III Tome, il fit l’objet de la condamnation du Conseil du Roi. Les tomes IV, V et VI parurent néanmoins en 1754 – 55 – 56.
En 1757: 4200 Souscriptions.
Une bataille se déclencha alors à partir de l’article « Genève » rédigé par D’Alembert qui suscita une réponse violente de Rousseau
L’Encyclopédie fut l’objet de railleries : Moreau surnomma les encyclopédistes « Ca-couacs » ; Palissot rédigea une Petite lettre sur de grands philosophes, Voltaire la qualifia de « fatras ».
En 1759, l’Encyclopédie fut interdite de publication. Le privilège de 1748 fut annulé ordre fut donné de rembourser les Souscripteurs. pour les dédommager Le Breton édita 2 volumes de planches séparées qui bénéficièrent d’un privilège spécial et furent envoyées aux Souscripteurs D’Alembert, Marmontel et Duclos se retirèrent – Diderot poursuivit seul durant sept années. En 1766 parurent les 10 derniers volumes.
Un dernier volume parut en 1772.Mais les volumes à partir du tome VIII firent l’objet d’une censure de l’éditeur Le Breton à l’insu de Diderot qui laissa néanmoins paraître les volumes.
Dirigée par D’Alembert et Diderot l’Encyclopédie rassemble en 28 volumes toutes les connaissances de l’époque dans tous les domaines. Elle expose les idées des philosophes et donne une grande place à la mécanique et aux connaissances scientifiques.

Par santa13 le 10 mai, 2010 dans Non classé
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17 mars, 2010

LA MORT DES AMANTS – Charles Baudelaire

La mort des amants est extrait des Fleurs du mal de Charles Baudelaire paru en 1857. A travers ce recueil l’auteur renouvelle la notion de lyrisme.
Les Fleurs du mal est un recueil de 100 poèmes divisé en 1857 en cinq sections. La mort des amants ouvre la cinquième section du recueil, celle de la mort, dernier espoir pour le poète d’échapper à l’imperfection du monde et peut-être d’accéder à l’idéal, en l’occurrence à l’idéal de l’amour.
Le titre de la pièce prend dans ce contexte un autre sens que celui d’une fin, nous pourrons par exemple nous interroger et voir en quoi il pourrait proposer une vision idéale de l’amour.
Comment l’auteur s’appuie-t-il sur la forme du sonnet pour développer cette vision de l’amour absolu, tout d’abord en en proposant le reflet sur terre dans les quatrains pour glisser peu à peu dans les tercets vers sa forme plus spirituelle pour aboutir à la fusion éternelle du couple d’amant ,
I – Dès les 2 premiers vers l’amour est lié à la mort. Le pronom personnel « nous » ouvre le sonnet avec l’amour, on le retrouve au vers 4. « Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux. »
Ce premier quatrain propose au lecteur tous les éléments d’une ambiance intime favorable aux échanges amoureux – Le cadre tout d’abord s’y prête : « des lits », « des divans », « … des fleurs sur les étagères », le lecteur est plongé dans la chambre des amants. Celle-ci est agréable, elle évoque une sensualité harmonieuse vers 2 les lits sont « pleins d’odeurs légères » et vers 2 : Les divans sont « profonds », les fleurs elles sont vers 4 « écloses pour nous sous des cieux plus beaux » – Cependant le thème de la mort, est lui aussi présent et se mêle habilement à l’intimité du couple donnant à cette dernière une tonalité étrange et mystérieuse. Au vers 2 les divans sont profonds « comme des tombeaux » tandis qu’au vers 3 les fleurs sont qualifiées « d’étranges » tandis qu’au vers 4 des cieux « plus beaux » sont évoqués.
L’harmonie existe on la retrouve dans la fluidité des décosyllabes mais elle n’est pas parfaite et le futur du vers 1 « nous aurons » interroge le lecteur. Ne le projette-t-il pas vers un autre monde, cette chambre n’est-elle pas située dans un au-delà inconnue ,
Le second quatrain, lui, présente plus particulièrement le couple d’amants dont l’intimité et la complicité étaient annoncées à travers ce « nous » qui ouvre et ferme le 1er quatrain.
Dans ce seconde quatrain, l’unité du couple apparaît plus précisément : elle intervient tout d’abord sur le plan sensuel vers 5 « usant à l’envoi leur chaleurs »- Les sonorités suggestives reflètent le frottement des corps tandis qu’au vers 2, il est l’unité affectives qui transparaît « nos deux cœurs », les 2 cœurs ne font plus qu’un, enfin il est question au vers 4 de l’unité spirituelle des deux amants « nos deux esprits ».
On s’aperçoit que non seulement les 2 amants forme un couple profondément uni mais cette union est proche de l’unité originelle. On y reconnaît le thème romantique de la quête de l’âme sœur, du double.
La gémellité, Baudelaire la symbolise dans le poème par le choix d’objets qui vont par deux : vers 6 « deux vastes flambeaux » ; vers 7 « leurs doubles lumières » et vers 8 no deux esprits « ces deux miroirs jumeaux. » et la métaphore du miroir vers 7 « réfléchiront leurs doubles lumières » et vers 8 « miroirs » – La répétition du chiffre du chiffre « deux vers 6 et vers 8 insiste sur le thème du double et les rimes « flambeaux/ jumeaux » confirment ce motif double.
Cependant comme dans le premier quatrain, il ne s’agit pas seulement de la quête du double de soi-même mais de l’âme sœur.
L’au-delà, la mort sont à nouveau subtilement mêlés à l’union fusionnelle – Ainsi, vers 5 « chaleurs dernières » – le plaisir consume la chaleur des amants, il leur prend une vie qui se termine – D’autre part, au vers 2 le choix des « flambeaux » n’est pas anodin, s’ils peuvent évoquer la chaleur de la passion, désignent également les cierges que l’on place près du lit des morts.
Enfin, le vers 8, conclut l’évocation de cette union parfaite par le terme « esprits ».
Les amants du 1er quatrain qui se rencontraient dans une chambre pour des ébats physiques sont devenus au 2eme quatrain vers 8, des « esprits » dont les cœurs « réfléchiront leurs doubles lumières » vers 7. Cela laisse l’impression co…. d’une « dématérialisation du couple.
L’union charnelle pour atteindre un plus haut degré de perfection devient spirituelle – On reconnaît le futur qui continue de poser la certitude de la forme du voyage des amants vers la perfection. Les vers 7, 8 et 10 établissent un lien entre les quatrains et les tercets par le biais du reflet vers 7 de « leur doubles lumières » qui devient au vers 10 « un éclair unique », métaphore symbolisant à la fois l’union des corps et celle des âmes.
L’échange dans les tercets passe sur un autre plan, il passe du « rose » vers 9 de la tendresse au « bleu mystique » vers 9 de l’union spirituelle et, en parallèle, les amants renoncent à la vie sur terre : vers 11 « un long sanglot, tout chargé d’adieux » – Ce sanglot, c’est le sanglot des amants qui quittent ce monde mais c’est aussi celui du monde qui pleure leurs morts. Cependant cette souffrance n’est que passagère et peu douloureuse, elle est adouci par le choix des nasales associé à la fluidité des liquides. Elle précède l’accès à la véritable union qui ne peut se produire que dans un monde idéal plus parfait que celui que nous connaissons pourquoi l’au-delà dans lequel sont censés se retrouver les morts pour une éternité.
La véritable Union, celle qui dure toujours est décrite dans le second tercet : vers 12 « Un ange entr’ouvrant les portes », il s’agit des portes du paradis. On peut penser à la petite mort de l’orgasme ou à la mort mais une mort qui aboutirait alors à la résurrection de l’esprit ce qui pourraient confirmer les vers 13 avec « ranimer » et vers 14 « les flammes mortes ».
La chute donnerait alors tout son sens au poème, la mort ne serait plus une fin mais un accès, un moyen d’accéder à l’amour absolu impossible sur terre ou du moins imparfait, reflet seulement de l’amour idéal au sens platonicien du terme et qui était cher à Baudelaire.

CONCLUSION :
La réussite de ce poème ne reposerait-elle pas sur cette subtilité avec laquelle le poète à la fois parvient à unir les 2 thèmes de l’amour et de la mort tout au long du sonnet et en parallèle, en s’appuyant sur la structure du sonnet conduit subtilement de l’amour charnel dans les quatrains à l’amour spirituel dans les tercets du visible imparfait à l’invisible parfait dans une progression harmonieuse bien que paradoxale.
« La mort des amants », l’amour et la mort réconciliés ne représentent-ils pas l’idéal baudelairien, l’aboutissement de la quête d’un idéal que seul peut réaliser une écriture travaillée et naturelle et, en cela moderne avant l’heure.

Par santa13 le 17 mars, 2010 dans Non classé
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