Navigation | La Censure et les philosophes du XVIIIe siècle

Catégories

La Censure et les philosophes du XVIIIe siècle

Le prestige croissant des philosophes n’exclue pas bien au contraire, les persécutions du pouvoir politique. Dès le début du siècle les progrès de l’esprit de critique et de libre examen, la mise en question du système économique, politique et idéologique multiplient les infractions à l’ensemble des règlementation établies depuis Charles IX pour surveiller l’impression et la librairie. 

La montée des périls entraîne un brutal retour à la répression. Deux déclaration royales : 1728 – 1757, montrent à quel point le gouvernement entends surveiller la littérature :

  Sont punis de peine de mort les auteurs, éditeurs, imprimeurs ou colporteurs d’ouvrages tendant « à attaquer la religion, à émouvoir les esprits et à donner atteinte à l’autorité du roi ». 

  Tout auteur doit obtenir une « permission » officielle attestant que son ouvrage ne contient rien d’attentatoire à la religion, au pouvoir royal et aux bonnes mœurs. Cette permission qui entraîne un « privilège » garantie du libraire contre les contrefaçons, dépend d’un censeur royal nommé par le chancelier et responsable de ses décisions.  Trois juridictions ont le pouvoir de condamner un auteur même si son ouvrage a été approuvé par la censure

 1) La Sorbonne : chargée d’examiner l’orthodoxie théologique des livres et dont l’autorité se discrédite peu à peu. 

2) Les Assemblées du clergé : qui s’insurgent contre les progrès de la philosophie et votent des « dons gratuits » au gouvernement royal pour obtenir de lui une condamnation énergique des ouvrages séditieux par le Parlement. 

3) Le Parlement, dont la sanction entraîne la défense d’imprimer, de vendre et de colporter l’ouvrage condamné que l’on fait symboliquement brûler de la main du bourreau. Il peut « décréter de corps » (faire arrêter l’auteur), ce que Rousseau en 1762 et Raynal en 1781 évitent par le fuite et l’exil. Sans aller jusqu’à ces extrémités on saisit souvent les livres et on arrête les vendeurs. Nombre d’auteurs, et surtout d’imprimeurs, de libraires, de colporteurs passent quelques mois à La Bastille ou à Vincennes, à commencer par Diderot et par le libraire de L’Encyclopédie - Le Breton. C’est pourquoi les colporteurs clandestins dissimulent habilement dans leurs magasins dans lesquels affluent les ouvrages imprimés à l’étranger.

 – De l’Esprit des Lois à Genève ; – Du contrat Social et La Nouvelle HéloÏse à Amsterdam ;  – Voltaire fait paraître ses œuvres à Londres, à Berlin ou à Genève puis organise lui-même leurs circuits d’entrée en France – L’impression en Français à l’étranger ne rencontre pas de difficultés, le Français est alors langue internationale. –Malesherbes, en 1763, met en pratique l’idéologie libérale qui le conduira, une fois devenu ministre de Louis XVI à demander l’absolution de toute censure dans son Mémoire sur la liberté de la presse (1788) – Il prévient à l’avance les libraires des descentes de police qu’il est contraint d’ordonner ou même fait mettre à l’abri des papiers de Diderot et les épreuves de l’Encyclopédie chez son beau-père le chancelier Lamoignon. [La suppression de la "Librairie" par la Révolution consacre le renversement d'un Système déjà miné depuis longtemps.]  La censure libérale n’intervenant qu’après l’impression se substitue à la censure royale ce qui n’assure d’ailleurs pas une réelle liberté pour l’écrivain, aucun émigré ne se risque à publier d’ouvrage en France sous le Révolution. – mes les retours agressifs ou brutaux le caractère clandestin donné à la diffusion du livre, aboutissent  à susciter une curiosité croissante du public, à accélérer la diffusion d’idées nouvelles.

 En 1736 : Voltaire exilé quelques mois en Hollande après la publication du Mondain (poésie à visée argumentative au service des Lumières). 

Par santa13 le 14 mai, 2010 dans Non classé

Laisser un commentaire

livremania2 |
Tournai la Page |
maud99 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | riquetalahouppe
| poésie et spiritualité
| rio44unblog